Architecture
& composition
J'ai appris à réduire avec Semeia. À isoler un signe jusqu'à ce qu'il tienne seul, sans contexte, sans appui. Mais une fois ce signe trouvé — réduit, épuré — une question s'est posée : qu'en faire ? C'est là que commence cet axe. Non plus la réduction, mais la construction. Non plus l'isolation, mais l'agencement.
Karma — détail
Quand je parle d'architecture ici, je ne parle pas de bâtiments. Je parle de la réflexion qui précède toute construction — la façon dont on pense l'espace avant de le remplir, dont on pose une fondation avant d'élever quoi que ce soit. Un jardin à la française est une architecture : la nature y est agencée selon une pensée, pas abandonnée à elle-même. C'est ce principe que j'essaie d'introduire dans le travail du signe.
Le jardin à la française comme architecture de la nature agencée
À partir des signes isolés dans Semeia, je cherche la part de structure qui leur sera commune — ce qui pourrait servir de fondation à un alphabet qui n'existe pas encore. Pas une langue. Une grammaire visuelle : des règles d'agencement, de proportion, de coexistence entre les signes. C'est ce que j'appelle une grammaire sémiographique — et c'est dans Compositio qu'elle se construit, lentement, par essais successifs.
Marseille — série Compositio
Saudade II — série Compositio
Cette série est ouverte par définition. Elle ne peut pas être close tant que les autres séries évoluent — elle en est la synthèse en mouvement. Chaque nouvelle réduction dans Semeia est une pierre posée ici. Chaque saturation dans Saturations laisse une trace dans la façon dont les signes coexistent. L'architecture des signes se construit dans le temps, pas d'un seul geste.